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Le CourrierVENDREDI 23 DéCEMBRE 2011
Pauline Cancela
GENÈVE • L’association accueille une centaine de personnes chaque matin. En difficulté financière, elle a dû réduire son offre pour 2012. Reportage. Amarré aux Eaux-Vives, tranquille, le Bateau Genève accueille ses premiers passagers dans la brume du matin. Il fait froid. A 7h30, une vingtaine de personnes attendent dans un coin du navire que le petit-déjeuner soit prêt. Clandestins, sans-abri, marginaux, échoués de la vie sont venus chercher un accueil chaleureux et une tranche de pain à se mettre sous la dent. Ils arrivent des lieux d’hébergement d’urgence, comme l’abri de la protection civile (PC) des Vollandes, ou d’une allée d’immeuble. Accueillis tels qu’ils sont Tout le monde est invité
L’Association pour le Bateau Genève gère un lieu d’accueil social unique en son genre.
Pain, beurre, confiture, céréales et café à volonté. Menu matinal sans surprise mais ô combien apprécié. Les chiffres confirment la demande. Elle est d’abord physique. Cette cantine lacustre sert en moyenne 20 000 petits-déjeuners gratuits par année. Dès l’aube, le bateau Genève est pris d’assaut. On y vient pour cela: parce qu’on a faim. Les ventres sont vides et impatients. Une boisson chaude pour tromper la mauvaise nuit et le froid; une tartine pour tenir jusqu’à midi.
Voilà pour le buffet le plus courtisé de la ville. La précarité humaine, ici, ne cache pas ses besoins. Ils sont élémentaires. Et palpables, sur le pont principal comme dans les deux salons, à l’avant et à l’arrière du navire, où les utilisateurs réguliers se disputent les places à table. La promiscuité est forte; elle a ses règles (à respecter), ses moments de tension (à arbitrer), ses travailleurs sociaux qui, pendant quatre heures de temps, doivent répondre à mille sollicitations. Le pain en rupture de stock Bourse aux petits jobs Les plus désireux de s’en sortir sont à quai bien avant le lever du jour. La bourse aux petits jobs. A commencer par la plonge. «On distribue à l’année 1600 heures pour le travail d’intendance des repas», résume l’un des responsables, Christian Murith. Avant d’ajouter: «Le premier qui est sur le ponton obtient le boulot.» La feuille vaisselle de janvier tient le décompte nominal de cette main-d’œuvre spontanée. On veille à assurer un tournus équitable. Tout en suscitant des vocations dans la durée sur le front des rénovations en cours. Le bateau a ses chantiers, de la salle des machines à la toiture. Serruriers, charpentiers, frigoristes ont l’occasion de confronter leur savoir-faire, de réapprendre les horaires à tenir, les délais à respecter. «Dans mon pays, je travaillais dans la chaîne du froid, explique l’un de ces ouvriers qualifiés sur la touche. Je suis à Genève depuis quatre ans, je n’ai jamais trouvé d’embauche. Regardez le nouvel équipement de la cuisine, il est beau, non? J’en suis assez fier.» Cette fierté légitime rejoint les attentes du chef de chantier. «Six semaines de travaux en guise de préinsertion sociale. Dix-huit passagers ont été associés aux décisions à prendre, aux tâches à remplir. C’est modeste et important à la fois. Avec le retour des beaux jours, on attaquera la toiture du pont supérieur et la timonerie.» Plus tard, mais pas avant 2012, il s’agira de refaire la coque, en ouvrant un nouveau chantier naval, du côté d’Ouchy. Et la délinquance dans tout ça? Le bateau Genève, qui a jadis vu couler le sang de l’impératrice Sissi, n’est-il pas devenu aujourd’hui le repère idéal des voyous? Partager la tartine du matin permet de chasser les clichés, sans pour autant succomber à l’angélisme. Une charte a été édictée. Elle se donne à lire en plusieurs langues sur les murs. «Pour que l’endroit soit convivial et agréable, il est indispensable que les passagers se respectent mutuellement et qu’ils acceptent leurs différences dans l’apparence, la foi, la culture, la langue, le statut et les convictions politiques.» Formulation claire comme les directives qui l’accompagnent: «Ne pas consommer des drogues dures et de l’alcool fort. Prendre note que le trafic de toute drogue est interdit.» Et combattu. Les scènes de deal sont aussitôt dénoncées à l’interne et leurs animateurs priés de quitter le pont. Lieu d’accueil, certes, mais aussi observatoire des comportements et des gens qui sont à la dérive, psychiquement. La figure du buveur de l’aube nécessite des soins et ils ne sont pas que dentaires. Ces prises en charge-là sont complexes. Elles font du bateau Genève un guichet de survie plus que jamais indispensable. Thierry Mertenat, Tribune de Genève 27.01.2011
juil
29
2010
TSR – L’association pour le Bateau Genève vient en aide aux personnes qui vivent dans la précaritéPublié par Flavien dans Buvette, Médias
Comme nous vous l’avions dit à la fin du mois de mai, Émilie Gasc de Couleur 3 est montée à bord du « Genève » pour pouvoir collecter différents témoignages de passagers et de membres de l’équipage, afin de réaliser un reportage radiodiffusé à propos de notre Association. Pour tous ceux qui n’ont pas eu la possibilité d’écouter ces émissions, nous avons regroupé différents extraits qui sont désormais à disposition sur notre site. Vous les trouverez dans la page Reportages audio sur le Bateau Genève. Merci encore à Émilie pour ce chouette moment de spontanéité vécu à bord et bonne écoute à vous!
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